H I S T O I R E
Comment, pourquoi...
Avez vous déjà eu peur ?
Je ne vous parle pas de la peur d’un film d’horreur, ni de la peur des araignées, ni de la peur qui provoque un sursaut lorsque l’on ne s’y attends pas. Non. Je vous parle de la vraie peur, celle qui vous transperce telles des aiguilles acérées, celle qui vous glace le sang et les os, celle qui annihile vos sens, celle qui vous paralyse, qui vous détruit de l’intérieur… Cette peur qui réveille vos démons les plus enfouis et aiguise votre instinct de survie.
La peur.Bien sûr que non, vous n’avez jamais ressenti cette peur atroce et féroce qui dévore la raison sur son passage. Et pourtant… Elle n’est pas si loin que vous le pensez. Laissez moi vous raconter l’histoire de la peur, et de l’horreur qui derrière les hauts murs de pierres grises et froides se cache et attends patiemment que son heure sonne, tel le glas des derniers instants.
Vous avez rendez vous avec la mort. C’était il y a cinquante ans de cela. Ce n’est pas si vieux, et pourtant, tout le monde fait mine de l’avoir oublié. Tout le monde préfère enfouir dans les limbes du passé les macabres souvenirs de la famille Faden. C’était une famille riche et prospère, composée de deux seules et uniques personnes. Monsieur et Madame Faden. Vincent et Louise Faden. Un couple d’une trentaine d’années, heureux et aimants. Ils vivaient ensembles dans un immense manoir, luxueux et habilement architecturé, loin de la civilisation humaine que Vincent méprisait, le manoir des Faden. Il était difficile d’accéder au manoir, car la seule et unique route qui y conduisait passait par les montagnes. L’hiver, la neige obstruait les cols et rendait le passage impraticable, si bien que les domestiques du manoir finirent par démissionner et quitter la famille Faden, puisque Vincent ne leur offrait pas de chambre sur place. Pourtant, ce n’était pas la place qui manquait…
Puis, quelques années plus tard, alors que de nouveaux domestiques avaient été employés, pour un salaire plus élevé, une sombre rumeur réussit à percer les hauts sommets des montagnes entourant le manoir, pour se faufiler jusqu’aux villes dressées plus loin. Louise Faden semblait être devenue folle. La rumeur disait qu’elle était devenue une sorte de meurtrière, désirant toujours plus de sang, pour retrouver sa jeunesse perdue. Vincent avait eu le malheur de lui offrir les contes de la comtesse Bathory pour son 37ème anniversaire, et Louise semblait y avoir parfaitement cru. La comtesse Bathory était une femme sadique et mauvaise qui était persuadée qu’en prenant des bains de sang frais tous les jours, elle pourrait retrouver sa jeunesse perdue.
Ce que peut de gens savent, c’est que ce n’est pas Louise qui devint folle, mais son mari Vincent, dont le dégoût pour l’humanité avait atteint son paroxysme. Aliéné, quasiment incontrôlable et surtout très intelligent, Vincent commença à travailler sur un projet qu’il disait scientifique et basé sur une échelle sociologique. Son projet, macabre, était d’étudier les hommes, qu’il détestait tant, quand ils se trouvaient dans une situation extrême de survie. Pour commencer, il s’attaqua aux domestiques, les obligeant à se soumettre à son terrible jeu, puis, se trouvant en manque de cobayes, il intima l’ordre à sa femme Louise de recruter de nouveaux domestiques… Celle ci, entre temps, avait eu un enfant. Personne ne sait ce qu’il est advenu de lui, ni même si c’était une fille ou un garçon. Quoi qu’il advint, Louise, désespérée par les activités sanguinaires et incontrôlables de son mari, se suicida. Vincent la retrouva se balançant au bout d’une corde, dans le jardin, accrochée au grand chêne.
Et vous, tant d’années plus tard, alors que Vincent lui même est décédé, qu’avez vous à faire là dedans ? Le créateur disparaît, mais son œuvre persiste, tant qu’il reste des vivants pour la continuer… Votre unique but ?
Survivre.L’homme est capable du pire quand il a peur.